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BREXIT, AMBITIONS, CALCULS et PERSPECTIVES

A l’instant où l’Europe géographique fête le sport Roi, le Football, inventé par les Britanniques, en les sortant de la compétition, l’Europe politique ne pense qu’à les virer, sans délais, après la décision excentrique qu’ils ont prise à l’image du personnage qui la recommandait.

Dresser les perspectives d’une telle situation, aussi impréparée que mal gérée, qui mélange ambitions, calculs, symboles, amertumes et non dits, est aventureux. Néanmoins risquons nous, en s’aidant des grands classiques connus des comportements ancestraux des 3 familles colocataires depuis 40 ans dans la cité de l’Europe, dorénavant en voie de déménagement.

On connait leurs génomes de longue date. Les Francophones, Paris, Bruxelles, Luxembourg, sont répertoriés fonctionnaires, les Anglophones, Londres, Amsterdam, réputés actionnaires, les Germanophones, Berlin, Vienne, qualifiés du vieux mot de factionnaires.

Ce trio risque de nous rejouer le mauvais match de l’été 40, tant ils ont mal joué celui du printemps 2016.

Les dirigeants Francophones

 

Dans son siège principal, Paris, le pouvoir fonctionnaire, génétique, institutionnel, apparait en perdition. Avec le Brexit, ses détenteurs ont une chance unique de garder leurs postes en enfilant l’armure du preux chevalier sauveur de l’Europe, à condition de faire très vite. Ils auront le soutien des bureaucrates de Bruxelles et de Luxembourg, leurs frères génétiques et linguistiques, qui, à l’instar de J.C Junker, se sentent menacés dans leurs prérogatives. C’est de bonne guerre et tant pis pour les symboles qu’évoqueront les Britanniques.

En effet, qui empêchera les Anglais de penser à leur précédent départ du continent, en 1940, chassés de l’Europe, Raus, Shnell, par les panzers allemands, leurs soldats parqués sur les plages de Dunkerque sous les bombardements des Junckers 87, les fameux Stukas de Goering qui ont semé la mort et la terreur sur les routes de l’exode. Et que dire du retour de l’horrible mot « l’axe » entre les 3 fondateurs de l’U E, Allemagne, France, Italie, qui rappelle le trio infernal, Berlin, Vichy, Rome. Il faut être sourds et aveugles pour ne pas le comprendre.

Il est vrai qu’un bon coup d’anglophobie dans les débats hexagonaux pourra faire oublier tout ce que la France a raté en Europe depuis la réunification des 2 Allemagnes. Les partisans de la nouvelle blitzkrieg contre Londres seront à Paris et à Bruxelles. Ils n’obtiendront rien, Londres résistera. Ils renverront le mistigri d’un éventuel Frexit en 2017. C’est la perspective retenue.

Les dirigeants Germanophones

 

La parole maladroite du Ministre allemand des affaires étrangères Steinmeier :

« Nous ne laisserons personne nous prendre Notre Europe ». a pu inquiéter. Pas longtemps.

La Chancelière a vite rectifié, comprenant les dangers pour son pays de réveiller les fantômes et les cauchemars d’une époque trop récente. Elle fera dans le flou et le dilatoire, à la manière de son homologue Français avant qu’il se soit converti, récemment, au martial et à l’expéditif.

La désagrégation de l’esprit européen qui s’est accélérée, depuis 10 ans, par le déséquilibre accru entre le poids politique du modèle allemand, et celui affaibli du modèle français risque, dorénavant, de nuire gravement à l’Allemagne accusée de mauvais usage de sa surpuissance. Alors que la responsabilité en incombe à l’incurie des dirigeants Français, en 1992, au moment de la réunification des 2 Allemagnes, absents de cet épisode historique, et en 2012 au moment où il fallait, impérativement, tirer les conséquences des ravages sur les plus faibles, de la crise financière mondiale, en réorientant les institutions de l’UE. Ce que la France avait dit qu’elle ferait, ce que ses dirigeants n’ont pas eu le courage de faire, et que les Anglais ont mis sur la table.

(Voir sur le site de l’institut Présaje et sur l’Echo des Arènes les nombreux articles sur le sujet).

L’Allemagne, qui a remplacé ses fusils mis en faisceaux, par ses industries mises en réseaux, patronne de fait de l’Europe, connait ses faiblesses à venir, sa situation démographique, les exigences budgétaires de sa participation à la sécurité de l Europe centrale, les efforts à faire ou à ne pas faire, pour aider la France à ne pas sombrer dans le Frexit. Soyons lucides, jamais elle ne s’engagera dans une guerre économique et financière avec Londres. Au péril de la bureaucratie européenne. C’est la perspective retenue.

Les dirigeants Anglophones

 

Ils peuvent serrer les rangs et les dents, surtout après l’humiliation de voir leur équipe virée de la fête de leur sport. La lettre de Présaje d’avant Brexit leur recommandait de gérer la période de conflits avec intelligence, dans le wait and see des actionnaires avisés et prudents. Ils n’ont plus d’autre choix. Le référendum du 23 juin a fait de très gros dégâts outre Manche, dans un pays, où le référendum est un vote plus consultatif que délibératif. Ce qui facilite son usage.

La base électorale des 2 grands partis est sapée par un Tiers Etat qui exige le partage du pouvoir avec la noblesse des élites administratives, et le clergé des dévots de la macro économie. Une seconde fracture fend le sol du Royaume Uni, entre l’Angleterre et le pays de Galles, d’une part, l’Écosse, l’Irlande du nord et Londres d’autre part. Une autre, plus grave, générationnelle, est ouverte entre le peuple âgé qui a voté un out politique contre son exclusion de l’économie, et le peuple jeune qui a voté in, qui maitrise le jeu économique, pas encore le jeu politique, ce qu’il fera, bientôt, par l’effet naturel de la démographie.

Les Anglophones vont reconstruire leur destin, à leur manière, selon leur culture ancestrale, face à une mosaïque européenne faite d’autant de cultures et d’ambitions. C’est la perspective retenue. Prochain round, la présidentielle française, l’éventuel Frexit, le débat continue.

L’Écho des Arènes

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