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Emmanuel Macron peut il aligner les planètes pour l Europe ?

De nombreux commentateurs politiques ont souligné l’alignement des planètes qui a prévalu à l’élection, inimaginable il y a un an, d’Emmanuel MACRON comme Président de la République Française.

 

Certes, c’est une grande première dans l’histoire de notre République qu’un Président sortant ne se représente pas alors qu’il n’a fait qu’un seul mandat.

Certes, c’est une grande première dans l’histoire de notre République qu’un parti auquel la victoire est promise, élimine brutalement le dernier Président de la République sortant de ce camp, et écarte sans ménagement le grand favori des sondages.

Certes, il est tout aussi extraordinaire de constater que le candidat, qui en novembre 2016 semble être imbattable, s’est effondré en vol victime des tirs croisés de la presse et des médias… mais à propos de ses propres turpitudes !

Certes encore, il est extraordinaire de voir que le parti majoritaire sortant a préféré désigner un frondeur, donc par nature plutôt opposant, à l’ancien premier ministre qui n’avait pourtant été ni sans talent, ni sans résultat.

Cependant, le talent d’Emmanuel MACRON, et il n’est pas exagéré ici de dire son génie – a été essentiel pour aligner toutes ces planètes en sa faveur et mener cette opération commando de conquête du pouvoir digne de Bonaparte.

Car, qui eut osé se lancer sans aucun parti à ses côtés en 2016 ?
Qui aurait eu l’intuition, dès le printemps 2016, que François HOLLANDE ne se représenterait pas ?

Et surtout, qui aurait osé se lancer dans cette compétition avec un bande de copains autour de lui, de surcroît en ne se présentant sous l’égide, ni directe, ni indirecte, d’aucun des deux grands partis du gouvernement qui ont occupé le pouvoir depuis 1958. Après les échecs d’Alain POHER, Raymond BARRE, Edouard BALLADUR, puis ceux répétés de François BAYROU, il fallait une once de folie pour oser briguer la plus haute magistrature de notre Etat en se déclarant « de gauche et de droite » et/ou « ni de gauche ni de droite ».

Il est clair qu’en septembre 2016 personne n’aurait misé un euro sur son succès.

 

Et à nouveau, il a bénéficié début 2017 du soutien du seul parti politique qui est à ses côtés, le Modem, mais il s’agissait d’un parti fantôme dont les seuls êtres vivants sont aujourd’hui au gouvernement… Même si cet apport a été décisif pour sortir victorieux du premier tour.

Oui ce succès est né d’un alignement de planètes extraordinaire, mais cet alignement a été provoqué et, de toute manière, merveilleusement utilisé par cet homme qui, comme l’a dit fort justement Rachida DATI, « a ringardisé d’un seul coup toute la classe politique française ».
Pour les Européens, il a de surcroît constitué un candidat qui a osé porter en bandoulière son soutien à l’Union Européenne et plus encore, son désir de voir cette Union progresser vers plus d’intégration.

Les premiers signes sont tangibles.

 

D’abord, l’intronisation au son de l’hymne à la joie, puis n’en déplaise aux détracteurs qui, facilement, trop facilement, glosent sur le fait qu’il a cherché l’adoubement auprès de « maman MERKEL », son voyage à BERLIN.

En effet, le Général de GAULLE, Valérie GISCARD D’ESTAING, et François MITTERAND, ont démontré que les progrès européens dépendaient essentiellement de l’entente franco germanique, ce qui ne veut pas dire que les autres Etats membres seraient ignorés, mais c’est cette entente-là qui, historiquement, a permis toutes les avancées et qui aujourd’hui encore est la condition d’une revitalisation de l’Union Européenne.

Ensuite, pour la première fois de notre histoire politique, il a nommé un Ministre d’Etat, « Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères », et procédé à la nomination d’une deuxième Ministre chargée des Affaires Européennes.

Même sous François MITTERAND, Roland DUMAS et Edith CRESSON avaient, certes, été également Ministres à part entière des Affaires Européennes, cependant l’Europe n’avait pas été mise aussi symboliquement au coeur de l’exécutif.

Et aujourd’hui… il semblerait qu’un alignement des planètes soient possible pour cette Europe qui, depuis 25 ans, stagne ou marche à reculons – c’est la raison pour laquelle Hubert VEDRINE a toujours eu tort en demandant qu’on fasse une pause et que l’on cesse d’avancer.

En effet, depuis le milieu des années 1990, ce sont les « a-européens » qui ont dirigé l’Union Européenne, à commencer par CHIRAC et JOSPIN, en compagnie de SCHRÖDER et entourés de Tony BLAIR, AZNAR, et BERLUSCONI.

Depuis lors, aucun de nos Présidents n’a osé afficher publiquement, encore moins proposé aux électeurs, de faire des avancés européennes ou de se faire élire sur un sujet européen, surtout depuis que Jacques CHIRAC avait subi cet échec cuisant sur la constitution européenne dont je ne cesserai jamais de soutenir combien elle était d’inspiration française, élaborée à la suite d’un processus extraordinairement démocratique, et conduit de main de maître par Valérie GISCARD D’ESTAING.

Aujourd’hui, il semble en effet que le vent a tourné et que l’euroscepticisme, qui était constant depuis le début des années 2000, soit stoppé, voire même soit en régression, au moins momentanément…

Et les planètes s’alignent !

 

==> Avec le BREXIT, certes pas encore mis en oeuvre, nos amis Britanniques ne sont plus autour de la table lors des débats sur la politique européenne. Or, il faut remettre la politique au coeur de l’Europe et faire en sorte que la technocratie, fort justement décriée ces 20 dernières années, s’estompe. Surtout le départ de nos amis britanniques fera en sorte que nombre d’Etats membres autour de la table du Conseil, ne vont plus avoir l’alibi de se retrancher derrière le « no » si célèbre de Madame THATCHER, mais également de ses successeurs.

==> Puis, pour démarrer les négociations, l’Union Européenne est unie !

C’est tellement extraordinaire que Madame Thérèsa MAY, qui ne se souvenait probablement plus que l’Union Européenne était une Union… – s’est exclamée : « les 27 se coalisent contre le Royaume Uni ».

Il est vrai qu’en juin 2016 on pouvait craindre le pire pour l’Union Européenne, alors que le mandat donné à Monsieur Michel BARNIER l’a été de manière unanime et après un débat de moins d’une heure.

En outre, entre Monsieur TRUMP qui veut supprimer l’OTAN et qui déclare, même s’il a nuancé ses propos depuis – que l’Union Européenne a vécu, et Monsieur POUTINE qui pense la même chose depuis de nombreuses années, le resserrement de l’Union constaté dans la négociation future du BREXIT, semble devoir s’imposer pour tous, notamment en ce qui concerne la défense de notre continent et notre mode de vie.

Enfin, l’Allemagne ne semble plus aussi arc-boutée sur une défense formelle de l’orthodoxie financière telle que fixée par le Traité et/ou de la défense de ses excédents.

Même si la position allemande n’était pas en soi critiquable car le peuple Allemand pouvait à juste titre estimer que tout ceci était le fruit de sacrifices consentis au début du siècle et des efforts fournis depuis lors, en ajoutant qu’il n’y avait pas de raison que ce soit toujours l’Allemagne qui paie.

Cependant, tous ces éléments favorables, qui ont été soulignés depuis un an par nombre de commentateurs, n’avaient – et n’ont toujours – aucune chance d’aboutir à une relance politique de l’Europe sans volonté et sans affirmation d’une forme de leadership intellectuel français.

Et c’est là où les convictions, doublées de l’intuition et de l’intelligence stratégique de notre jeune Président de la République, sont absolument nécessaires.

Manifestement, il a réussi ses débuts diplomatiques et a charmé la plupart des leaders européens et notamment Madame MERKEL dont il est quand même fort à parier qu’elle se succèdera elle-même en septembre prochain.

Alors, on ne peut que souhaiter que celui qui a conquis le pouvoir en France, d’une manière unique dans nos annales républicaines, soit pour l’Europe, celui qui alignera les planètes pour permettre à notre Union d’être parfaitement armée pour défendre sa population à la fois dans son mode de vie à l’intérieur, et contre ses potentiels ennemis à l’extérieur.

L’Union Européenne a besoin des talents de notre Président qui, là encore, devra confiner au génie dont il a su faire preuve pendant un an sur la scène française.

Jean Pierre SPITZER
Avocat au Barreau de Paris
Directeur scientifique de l’union des avocats européens,
membre du bureau du Mouvement Européen

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