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Besoin de Nation et désir de Bonheur. Le grand débat

Besoin de Nation et désir de Bonheur. Le grand débat

 

Ces réflexions sont issues des recherches de l’Institut PRESAJE, à l’automne 2011, sur les conséquences de la crise mondiale. Elles ont été débattues, en janvier 2012, dans une réunion de juristes à Budapest. Les perspectives retenues concernaient 4 grands pays, les États Unis, l’Allemagne, le Royaume Uni et la France. Ces perspectives sont devenues réalités fin 2016.

Les débats électoraux de 2016 qui vont se poursuivre en 2017 ont révélé à quel point le besoin de rétablir la puissance des Nations agitaient les esprits au sein des grands pays occidentaux, France incluse. Tout en cherchant comment répondre au désir de bonheur des peuples entre leurs différentes composantes. Pour comprendre ce qui se passe en Occident, qui déroute les institutions en place, il faut revenir vers les dirigeants des années 90. Tous sociaux démocrates.

Les années 90 et la décennie des choix

 

1993, Bill Clinton a engagé son parti et sa Nation dans une mondialisation réputée heureuse, qui ferait le bonheur de son Peuple. Sa femme est allée, 8 ans plus tard, poursuivre son œuvre avec Barak Obama, jusqu’à ce que les Américains découvrent que le bonheur promis bénéficiait aux Chinois et à quelques pays émergents, aux GAFA de Californie, aux financiers de Wall Street et échappait aux classes moyennes sur lesquelles les États unis, avaient construit leur puissance. Donald TRUMP vient d’apporter la réponse du Peuple, en proclamant le retour vers la puissance de la Nation, qui risque de l’engager dans une aventure géo politique.

 

1995, Jacques Chirac s’est engagé à faire le bonheur du Peuple en réduisant une fracture sociale, hélas de plus en plus ouverte 20 ans plus tard. Cette vaine promesse a dissimulé le choix de la rente contre l’investissement, de l’emploi public contre l’emploi productif. Ce modèle politicien est né au sein du couple F. Mitterrand- J. Chirac en 1986. Le rentier qui fait les élections dans les urnes, et les serviteurs de l’État qui les défont dans la rue, y sont prioritaires. C’est le modèle qui a préservé le pouvoir absolu des 2 monarques successifs. F. Hollande, fils adoptif du couple, a continué l’ouvrage ; la puissance de la Nation française s’est effondrée à force de dettes, de désindustrialisation, de perte de crédibilité politique. La réponse du Peuple, dans 6 mois, risque d’être très dure pour la rente et pour la rue, les 2 mamelles du pays.

 

1997 Tony Blair vire à gauche en sortant du boulevard de Miss Thatcher, passe devant l’Euro sans s’y arrêter, et conjugue l’effort d’une ré industrialisation de son pays qui attire les travailleurs de l’Europe centrale libérés de la soviétisation, avec le développement d’une industrie financière qui attire les capitaux du monde entier et les exilés français, vieux riches et jeunes diplômés. Son successeur a utilisé la colère de son peuple face au trop plein de migrants pour jouer, en perdant, la place de son pays en Europe. L’équation qui reste à résoudre à Th. May est bien celle de la puissance de la Nation britannique esseulée, face au désir de bonheur de son peuple.

 

1998, Gerhard Schröder, choisit la puissance de la Nation Allemande réunifiée. Il l’engage dans l’industrie, la monnaie et la domination de l’Europe politique, en provoquant, plus tard la réponse du Peuple anglais par le Brexit. A. Merkel a réussi à conjuguer la puissance de la République Fédérale et le bonheur des Allemands. Il est trop tôt pour évoquer la suite et ses incertitudes.

Le compte de résultats et le bilan de cette période viennent d’être faits en 2016. Les révoltes, à Londres, puis à Washington, en attendant Paris, éclairent le débat ouvert entre la nécessité de la puissance des Nations et le désir de bonheur de leurs Peuples. Quel est le sens de ces mots ?

Quelles politiques pour les peuples ?

 

La PUISSANCE des Nations, à ne pas confondre avec le rayonnement des Pays, repose sur la volonté d’instruire et de former le Peuple pour l’avenir que les évolutions technologiques lui feront vivre; d’enrichir la Nation par sa présence au sein des grands marchés mondiaux, par la qualité de ses infrastructures territoriales, par ses systèmes de santé, par un contrôle strict de l’État, toujours attiré par ses bureaucraties vers les excès de l’endettement. Pour naitre et durer, la puissance des Nations exige des dirigeants austères qui maîtrisent leur pouvoir.

Le BONHEUR des Peuples repose sur la puissance de la Nation, d’une nation qui exige, de la part de ceux qui dirigent l’État, le respect de règles élémentaires de probité, à savoir, ne pas céder à la tentation de jouir de ce que la vie offre aux puissants, de jouir du pouvoir d’État en s’affranchissant des lois, de jouir de la spéculation financière dont la dissimulation est plus facile à pratiquer en haut qu’en bas. Le bonheur des peuples, qui motive et inspire des dirigeants portés à la familiarité, bavards, voire blagueurs, qui aiment rayonner par l’esprit, exige qu’ils donnent l’exemple, qu’ils soient économes de leurs images, en se gardant du clientélisme électoral.

et pour la France ?

 

En France, le dernier président à avoir choisi la puissance de la Nation fut Georges Pompidou décédé en 1974. Les 5 suivants, dont 3 Enarques formés au collectivisme et à la bureaucratie, ont tous choisi le bonheur et le travail factices d’un Peuple coupé en deux par la fameuse fracture sociale de 1995. Les pauvres et les chômeurs sont enfermés dans une société d’assistance à revenus limités par la bureaucratie sociale, les travailleurs libres et indépendants, enfermés dans une société d’assujettis à résultats limités par la bureaucratie fiscale. La prochaine étape c’est le déclin assuré d’une Nation qui a été dévorée par un État aussi omnipotent qu’impotent.

Comment sortir de ce gâchis, aggravé depuis 2012 ? En s’appuyant sur une force déterminante celle des nos jeunes, massacrés par 30 ans de faiblesse politique. Les Millénials ont dans leurs tètes et leurs mains la future industrie digitale, l’énergie diversifiée, les communications et les réseaux, la finance déconcentrée qui feront la puissance des Nations du 21ème siècle, en remplaçant les industries lourdes robotisées et les banques en voie d’uberisation.

Ce changement d’ère suppose que la génération de l’assistance généralisée, du pouvoir éternel réservé, et du spectacle politique artificiel, laisse la place à ceux qui ont moins de 40 ans aujourd’hui, au plus vite, après avoir apuré les comptes de cette faillite qui est la sienne. C’est en route. Facile à dire, plus difficile à faire. Cette génération de rénovation politique n’a pas eu le temps de se préparer pour bien choisir les équilibres à trouver avec les électeurs entre la puissance de la Nation, le rayonnement du Pays et le bonheur individuel des Français. S’ils boudent la puissance de la Nation au profit de leur bonheur individuel, si justifié soit il, ils perdront à la fois le Bonheur et la Nation, comme les ont perdus entre 1940 et 1944, les grands parents des Millénials.

 

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