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Tweetocratie et dictature du dernier mot

L’entrée de Donlad TRUMP à la Maison-Blanche, après sa victoire, est aussi fracassante que la sortie de François HOLLANDE de l’Élysée, après son échec. Qu’est-il possible de rechercher dans ce qui se passe en France  qui aiderait à comprendre ce qui va se passer aux Etats Unis ?

Comme toutes les entreprises en difficultés, qui vendent leur patrimoine par morceaux, les partis politiques français qui alternaient au gouvernement, depuis 50 ans, n’ont pas vu venir la révolution des techniques de communication qui ont tout bouleversé dans ces entreprises de spectacle politicien dont les animateurs en ont fait un métier au sein duquel ils font carrière.

 

Affaiblis dans leurs fonctions, ils ont laissé faire le démembrement de leur domaine, de leur profession, la démocratie représentative, en 2 parties, le parlementaire et le présidentiel. L’élection présidentielle a été confiée à un marché d’opérateurs (médias dédiés à la politique politicienne, sondeurs, presse d’investigation, spectacles évènementiels) en charge de la sélection, de la promotion, de l’éjection et de l’installation des candidats qui, selon eux, correspondent, ou pas, aux standards électoraux du moment. A l’américaine.

 

Ce marché, aux codes et aux règles opaques, coûteux dans ses prestations, a choisi de faire valider les décisions qu’il avait préparées, en ré insérant les partis dans la boucle grâce au système des primaires. Les militants qui veulent se réapproprier la pratique démocratique, clament leur colère et leur exigence d’une refonte des institutions.

 

Plus grave, le marché de l’élection présidentielle, en charge de livrer le futur élu, a laissé faire le démembrement entre son personnage et sa personnalité. Un premier conflit a eu lieu, in vitro, le cas DSK. Il a été suivi d’un véritable accident de personnalité, in vivo, dont le personnage, François HOLLANDE, a tiré les conclusions.

 

Les Etats-Unis vont connaitre ce type de conflit, à la mesure de leur puissance et de leur longue pratique du marché de l’élection présidentielle et des sommes folles qu’il utilise.

 

Coté personnage Donlad TRUMP est typiquement américain, selon les standards qui attirent les électeurs.

Il porte dans ses gènes citoyens les 3 marqueurs qui en témoignent :

– Il aime la réussite par l’argent, autant que l’argent par la réussite.
– Il aime la charité du citoyen, il rejette la solidarité imposée par l’état fédéral avec ses taxes honnies.
– Il aime le show bizz – et le pratique -, la politique spectacle, et le grand Barnum.

 

Étant lui-même opérateur évènementiel, il connaissait tous les rouages de l’élection.

Coté personnalité, tout le monde a fermé les yeux. Les savants sociologues découvrent le classique pervers narcissique dont les troubles psychologiques conjugués que sont la perversité et le narcissisme sont assez fréquent chez les gens de pouvoir et / ou d’autorité qui ne savent pas mettre un peu d’humanisme dans leur démarche.

 

Pour comprendre il faut lire Desmond MORRIS, qui a publié, en 1967, un petit traité de zoologie, le SINGE NU, bourré de vérités et d’humour décapant sur l’espèce humaine, mi singe – mi loup. Il a expliqué comment les loups avaient appris aux singes arboricoles et nomades à gérer leur territoire, leur tanière, en même temps qu’a combattre pour tuer.

Nous y sommes !

 

Il faut comprendre d’où vient la volonté de Donlad TRUMP de construire ses énormes tanières à New York et en Floride, de « marquer » son territoire avec son nom, comme le fait le loup, puis de le protéger par les frontières qu’il élève, dont il refuse la passage en montrant les crocs. Ce loup qui fait partie de notre nature humaine lui vient de la nuit des temps et de la chasse en meute qu’il a su mener dans ses jobs pour arriver où il est. Il ira au bout de ce trait de son caractère.

 

Quant à sa férocité au combat, tout aussi naturelle, faite de violence et de détermination, il l’a transposée dans la pratique de la Tweetocratie, expression à sens unique, qui permet une dictature du dernier mot, inspirée de la curée de la meute, qui achève les proies qu’elle a blessées avant de les dépecer.

 

Qu’on l’aime ou pas, Donlad TRUMP est un homme normal. Il s’est vendu aux Américains, tel qu’il est. On peut même dire que s’il y a du loup chez Donlad TRUMP, il n’y a pas de flou. Ce n’est pas un président normal à la Française, qui a caché le loup derrière le flou.

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